Saisies et confiscation

Saisie pénale d'un véhicule : comment le récupérer ?

Scellés, fourrière, vente anticipée et restitution du véhicule : vos droits, à Paris comme partout en France

Restitution du véhicule

Demande au procureur, au juge d'instruction ou au tribunal, à chaque étape de la procédure

Défense des propriétaires

Proche, société, loueur : des droits à faire valoir face à la confiscation

Disponibilité réelle

Échanges directs – explications concrètes sur votre situation et suivi à chaque étape de la procédure

 

Votre voiture, votre moto ou votre utilitaire a été saisi lors d’une interpellation, d’une garde à vue ou d’une perquisition. Parfois, il s’agit même du véhicule d’un proche, d’une société ou d’un loueur.

Cette saisie n’est pas une confiscation. Le véhicule est retenu le temps de la procédure, et il peut être récupéré. Mais il faut agir vite : dans certains cas, il peut être vendu avant même le jugement.

Cet article explique pourquoi un véhicule peut être saisi, ce que deviennent la voiture et les frais de fourrière, et comment obtenir sa restitution. Il complète le guide du cabinet sur la saisie pénale et la confiscation.

Réponse rapide

Un véhicule peut être saisi notamment lorsqu’il a servi à commettre une infraction ou lorsqu’il a été acheté avec le produit d’une infraction. Il est placé sous scellés ou en fourrière. Pour le récupérer, il faut en demander la restitution au procureur de la République, au juge d’instruction ou, lors du jugement, au tribunal.

Pourquoi votre véhicule a-t-il été saisi ?

Un véhicule peut être saisi pour deux raisons : parce qu’il est utile à l’enquête, par exemple pour relever des traces, ou pour garantir une éventuelle confiscation en cas de condamnation (article 131-21 du code pénal).

Le véhicule qui a servi à commettre l'infraction

C’est le cas le plus fréquent : une voiture utilisée pour transporter des stupéfiants, une moto conduite lors d’un rodéo, un véhicule impliqué dans un refus d’obtempérer.

Ce véhicule peut être confisqué si la personne condamnée en est propriétaire. Il peut l’être aussi si elle en a la « libre disposition », c’est-à-dire si elle s’en sert comme s’il lui appartenait. Le propriétaire de bonne foi peut toutefois en demander la restitution.

Le véhicule acheté avec le produit de l'infraction

Une voiture payée avec l’argent issu d’une infraction, par exemple une escroquerie, une fraude fiscale ou une opération de blanchiment, peut être saisie parce qu’elle constitue le produit de cette infraction.

Saisie sous scellés ou fourrière : quelle différence ?

Ces deux mesures sont souvent confondues. Elles n’obéissent pas aux mêmes règles, mais dans les deux cas, c’est par une demande de restitution que l’on récupère son véhicule.

La saisie sous scellés

C’est la situation la plus courante. Lors d’une perquisition, d’une fouille ou d’une interpellation, l’officier de police judiciaire saisit le véhicule et le place sous scellés, parce qu’il est utile à l’enquête ou parce que sa confiscation est prévue par la loi (article 56 du code de procédure pénale, article 76 du code de procédure pénale et article 97 du code de procédure pénale).

L'immobilisation et la mise en fourrière

Lorsqu’un délit pouvant entraîner la confiscation est constaté, les policiers ou les gendarmes peuvent immobiliser le véhicule et le placer en fourrière, avec l’autorisation du procureur de la République (article L. 325-1-1 du code de la route). Le véhicule y reste alors jusqu’à la décision du tribunal.

Le code de la route prévoit la confiscation du véhicule pour plusieurs délits. Elle est parfois obligatoire : le tribunal doit la prononcer, sauf s’il l’écarte par une décision spécialement motivée. Elle est parfois seulement possible.

Confiscation obligatoire

Sauf décision spécialement motivée du tribunal

Conduite en état alcoolique ou sous stupéfiants
En récidive (article L. 234-12 du code de la route, article L. 235-4 du code de la route) — le condamné est propriétaire du véhicule

Alcool et stupéfiants cumulés
Dès la première infraction (article L. 235-1 du code de la route) — le condamné est propriétaire du véhicule

Refus d’obtempérer
Dès la première infraction (article L. 233-1 du code de la route, article L. 233-1-1 du code de la route) — propriétaire, ou libre disposition du véhicule

Rodéo motorisé
Dès la première infraction (article L. 236-3 du code de la route) — propriétaire, ou libre disposition du véhicule

Excès de vitesse de 50 km/h ou plus
En récidive (article L. 413-1 du code de la route) — le condamné est propriétaire du véhicule

Confiscation possible

Le tribunal décide

Alcool ou stupéfiants, première infraction
Sur décision du tribunal (article L. 234-2 du code de la route, L. 235-1) — le condamné est propriétaire du véhicule

Conduite sans permis
Sur décision du tribunal (article L. 221-2 du code de la route) — le condamné est propriétaire du véhicule

Défaut d’assurance
Sur décision du tribunal (article L. 324-2 du code de la route) — le condamné est propriétaire du véhicule

Que devient votre véhicule pendant la procédure ?

Qui paie les frais de fourrière ?

Les frais d’enlèvement et de garde sont en principe à la charge du propriétaire, qui doit les régler pour récupérer son véhicule.

En cas de relaxe, le propriétaire dont le véhicule avait été placé en fourrière sur autorisation du procureur peut en demander le remboursement à l’État.

Votre véhicule peut-il être vendu avant le jugement ?

Oui. Le procureur, pendant l’enquête, ou le juge d’instruction, pendant l’instruction, peut confier le véhicule à l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) pour qu’il soit vendu (article 41-5 du code de procédure pénale et article 99-2 du code de procédure pénale).

Cette vente anticipée suppose que le véhicule ne soit plus utile à l’enquête, que sa confiscation soit prévue par la loi, et que sa conservation fasse perdre de la valeur au véhicule ou coûte trop cher au regard de sa valeur. Le véhicule peut aussi être remis gratuitement à des services de l’État, comme la police ou la gendarmerie, qui l’utiliseront.

La décision doit vous être notifiée. Elle peut être contestée devant le premier président de la cour d’appel, et ce recours suspend la vente. Les délais sont très courts : 5 jours pendant l’enquête, 10 jours pendant l’instruction.

Si le véhicule est vendu, le prix est consigné. Il vous est restitué, si vous le demandez, en cas de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou si la confiscation n’est pas prononcée, sauf décision de non-restitution.

Devez-vous continuer à payer le crédit, le leasing ou l'assurance ?

Aucun texte de procédure pénale ne suspend ces contrats du seul fait de la saisie. Les mensualités restent donc dues selon votre contrat. Il est utile d’en informer rapidement votre banque, votre loueur et votre assureur.

Votre véhicule vient d'être saisi ?

Une vente peut intervenir avant le jugement. Le cabinet de Maître Harmach intervient en urgence, à Paris comme partout en France.

Véhicule prêté, en leasing ou au nom d'un proche : quels droits ?

Vous avez prêté votre véhicule

Le véhicule saisi appartient à un parent, à un conjoint ou à un ami, qui l’avait prêté à la personne interpellée. Pour la plupart des délits routiers, comme l’alcool, les stupéfiants ou la conduite sans permis, la confiscation n’est possible que si le condamné est propriétaire du véhicule. Un véhicule prêté ne peut donc pas être confisqué sur ce fondement.

Pour un refus d’obtempérer ou un rodéo, et plus généralement lorsque le véhicule a servi à commettre l’infraction, par exemple pour transporter des stupéfiants, le véhicule d’un tiers peut en revanche être confisqué si la personne condamnée en avait la libre disposition, sous réserve des droits du propriétaire de bonne foi.

La Cour de cassation encadre strictement cette notion : la mauvaise foi du propriétaire ne peut pas se déduire de ses seuls liens avec la personne poursuivie (Cass. crim., 4 septembre 2024, n° 23-81.110). Le propriétaire doit réunir rapidement la carte grise, la facture d’achat, les preuves de paiement, l’assurance et l’entretien du véhicule.

Votre véhicule est en leasing, en LOA ou en LLD

Le véhicule appartient alors à la société de location. Elle peut en demander la restitution en faisant valoir sa propriété et sa bonne foi. 

Pour le locataire, la saisie ne suspend pas le contrat : les loyers restent dus, même s’il ne peut plus utiliser le véhicule.

Le véhicule appartient à une société

Le véhicule d’une société n’est pas celui de son dirigeant. Il peut être saisi lorsque la société est elle-même poursuivie.

Comment obtenir la restitution de votre véhicule ?

La demande de restitution est la démarche principale pour récupérer un véhicule placé sous scellés ou en fourrière. Elle peut être présentée à tout moment de la procédure, par la personne mise en cause comme par le propriétaire du véhicule.

À qui demander la restitution ?

L’interlocuteur dépend du stade de la procédure. Les délais aussi : à certains moments, attendre peut vous faire perdre définitivement votre véhicule.

Pendant l'enquête ou après un classement sans suite : le procureur de la République

Pendant l’enquête, la demande s’adresse au procureur de la République, qui statue lorsque la propriété du véhicule n’est pas sérieusement contestée (article 41-4 du code de procédure pénale). Un refus peut être contesté devant le premier président de la cour d’appel dans le délai d’1 mois suivant sa notification, et ce recours suspend la décision.

Si l’affaire est classée sans suite, le véhicule a vocation à vous être rendu. Demandez-le dans les 6 mois suivant le classement : passé ce délai, il devient la propriété de l’État, sous réserve des droits des tiers.

Pendant l'instruction : le juge d'instruction

Pendant l’instruction, la demande s’adresse au juge d’instruction. Elle peut être présentée par la personne mise en examen ou par toute personne qui revendique un droit sur le véhicule (article 99 du code de procédure pénale). Un refus peut être contesté devant le premier président de la cour d’appel dans les 10 jours.

À l'audience de jugement : le tribunal

Lorsque l’affaire est jugée, la personne poursuivie peut demander la restitution au tribunal, qui peut aussi l’ordonner de lui-même (article 478 du code de procédure pénale). Un propriétaire non poursuivi peut également la réclamer (article 479 du code de procédure pénale).

En cas de condamnation, le tribunal peut prononcer la confiscation : le véhicule devient alors la propriété de l’État, qui peut le vendre ou le détruire. Lorsque la confiscation est obligatoire, la défense peut demander au tribunal de l’écarter par une décision spécialement motivée. La décision peut être contestée en appel.

En cas de relaxe, pensez à demander le remboursement des frais de fourrière, lorsque la fourrière avait été autorisée par le procureur.

Après un non-lieu ou un jugement : de nouveau le procureur, dans les 6 mois

Si le juge d’instruction ou le tribunal a jugé l’affaire sans se prononcer sur le véhicule, par exemple après un non-lieu, une relaxe ou une condamnation sans confiscation, la demande s’adresse de nouveau au procureur de la République.

Elle doit être faite dans les 6 mois suivant cette décision. À défaut, le véhicule devient la propriété de l’État, sous réserve des droits des tiers. Il en va de même si la restitution vous a été accordée mais que vous ne récupérez pas le véhicule dans le délai d’1 mois suivant une mise en demeure adressée à votre domicile.

Les arguments les plus souvent utilisés

Les arguments utiles dépendent du motif retenu contre le véhicule. Les plus fréquents sont :

  • l’absence de lien entre le véhicule et les faits reprochés ;
  • la propriété d’un tiers de bonne foi, qui ignorait l’usage fait du véhicule ;
  • l’origine licite du financement, lorsque le véhicule est présenté comme le produit de l’infraction ;
  • la disproportion de la mesure au regard des faits et de la valeur du véhicule ;
  • un vice de procédure affectant l’interpellation, la perquisition ou la saisie.

Contester la régularité de la saisie

Si la saisie elle-même est irrégulière, par exemple parce que la perquisition n’était pas autorisée, votre avocat peut soulever ce vice de procédure. Il se discute par une requête en nullité pendant l’instruction, ou devant le tribunal lors du jugement, et peut conduire à la remise du véhicule.

Si vous n’avez pas été poursuivi dans les 6 mois suivant la perquisition, vous pouvez aussi saisir le juge des libertés et de la détention pour en demander l’annulation, dans le délai d’1 an à compter du jour où vous en avez eu connaissance (article 802-2 du code de procédure pénale). La Cour de cassation admet que ce recours permette de contester la saisie elle-même (Cass. crim., 5 juin 2024, n° 22-87.443).

Dans quels cas la restitution est-elle refusée ?

Les motifs de refus dépendent du stade de la procédure :

  • pendant l’enquête, le procureur refuse la restitution lorsqu’elle présenterait un danger pour les personnes ou les biens, lorsque le véhicule est l’instrument ou le produit de l’infraction, ou lorsqu’un texte prévoit sa destruction ;
  • pendant l’instruction, le juge d’instruction la refuse lorsqu’elle ferait obstacle à la manifestation de la vérité ou à la sauvegarde des droits des parties, lorsque le véhicule est l’instrument ou le produit de l’infraction, ou lorsqu’elle présenterait un danger. Il peut aussi la refuser lorsque la confiscation est prévue par la loi ;
  • à l’audience, le tribunal peut la refuser pour les mêmes raisons de danger, d’instrument ou de produit de l’infraction. 

Une demande de restitution à préparer ?

Maître Harmach engage les démarches auprès du procureur, du juge d'instruction ou du tribunal, à Paris comme partout en France.

Le rôle de l'avocat pénaliste face à la saisie d'un véhicule

Face à la saisie d’un véhicule, l’avocat intervient sur plusieurs terrains :

  • Identifier le régime de la saisie : scellés ou fourrière ;
  • Contester une vente anticipée dans le délai de 5 ou 10 jours ;
  • Demander la restitution au bon moment, auprès de la bonne autorité ;
  • Défendre le propriétaire de bonne foi : proche, société, loueur ;
  • Soulever les vices de procédure affectant l’interpellation ou la perquisition ;
  • Rédiger la demande de restitution en s’appuyant sur la jurisprudence la plus récente ;
  • Vous défendre devant le tribunal si vous êtes poursuivi ;
  • Plaider contre la confiscation à l’audience, y compris lorsqu’elle est obligatoire ;
  • Obtenir le remboursement des frais de fourrière en cas de relaxe.

Si ce sont vos comptes ou votre logement qui sont saisis, consultez les articles du cabinet sur la saisie pénale d’un compte bancaire et la saisie pénale immobilière.

Faire appel à un avocat pénaliste pour un véhicule saisi

La saisie d’un véhicule prive souvent une personne de son moyen de transport ou de son outil de travail. Les délais peuvent être très courts, notamment en cas de vente anticipée. C’est une stratégie construite dès la garde à vue ou dès la saisie qui permet de préserver vos droits.

Le cabinet de Maître Harmach, qui exerce exclusivement en droit pénal, défend les personnes dont le véhicule est saisi, ainsi que les propriétaires de bonne foi, les sociétés et les loueurs concernés, à Paris comme partout en France.

Pour faire le point sur votre situation, appelez le 06.62.46.40.87 ou contactez le cabinet via le formulaire de contact.

Questions fréquentes sur la saisie pénale d'un véhicule

Oui, c’est possible. Il faut demander sa restitution au procureur pendant l’enquête, au juge d’instruction pendant l’instruction, ou au tribunal lors du jugement. La demande peut être refusée, notamment si le véhicule est considéré comme l’instrument ou le produit de l’infraction.

En principe le propriétaire, qui doit les régler pour récupérer son véhicule. En cas de relaxe, il peut en demander le remboursement à l’État lorsque la fourrière avait été autorisée par le procureur.

Oui, lorsque sa conservation lui fait perdre de la valeur ou coûte trop cher. La décision peut être contestée, et le prix de vente est restitué en l’absence de condamnation, sauf décision de non-restitution.

Réclamez sa restitution sans attendre, en prouvant que vous en êtes propriétaire et que vous ignoriez l’usage qui en était fait. Pour la plupart des délits routiers, un véhicule prêté ne peut pas être confisqué.

Il peut être saisi, mais la société de location reste propriétaire et peut faire valoir sa bonne foi. Pour le locataire, les loyers restent dus pendant la saisie.

Pour certains délits, comme le refus d’obtempérer, le rodéo ou la récidive de conduite en état alcoolique, oui. Le tribunal peut toutefois l’écarter par une décision spécialement motivée.

Après un classement sans suite, un non-lieu ou un jugement qui ne s’est pas prononcé sur le véhicule, vous disposez de 6 mois pour en demander la restitution. Passé ce délai, il devient la propriété de l’État.

Aucune durée maximale n’est fixée. La saisie dure jusqu’à la restitution, la vente anticipée ou la décision définitive sur la confiscation.

Lorsque l’immobilisation a été autorisée par le préfet, elle est provisoire : si le procureur de la République ne l’autorise pas à son tour dans les 7 jours, le véhicule est restitué à son propriétaire. Lorsqu’elle a été autorisée par le procureur, le véhicule peut rester en fourrière jusqu’à la décision du tribunal.

Oui. La saisie, la fourrière, la confiscation et la restitution obéissent aux mêmes règles pour tous les véhicules : voiture, moto, scooter ou utilitaire. En cas de rodéo motorisé, la confiscation est obligatoire, sauf si le tribunal l’écarte par une décision spécialement motivée.